28 Mai 2022
Réunion de soutien à Stanislas Rigault à Cheval-Blanc En savoir+
 

Présentation du programme Défense

Mesdames et Messieurs,

Bonjour à tous, merci d’être venus aujourd’hui si nombreux pour assister à la présentation de notre programme pour la Défense nationale.

L’actualité de ces dernières semaines a été marquée par les tensions en Ukraine et d’une manière générale, dans tout l’Est du continent. Et hier, le Président de la République confirmait le retrait de nos troupes du Mali et la fin de l’opération Barkhane.

Dans cette campagne présidentielle, se sont donc invitées les délicates questions de nos capacités militaires, de celles de nos voisins et de celles de nos alliés. L’OTAN, humiliée à Kaboul il y a tout juste six mois, est revenue de plein fouet sur le devant de la scène internationale et nos concitoyens ont découvert que la guerre était une réalité de moins en moins lointaine et de plus en plus menaçante.

C’est donc l’occasion pour moi de vous présenter mon projet présidentiel pour la Défense française, pour comprendre la situation actuelle, les menaces, les défis et les moyens de les relever.

Notre monde multipolaire est traversé par une montée croissante des périls. Des portes de l’Europe aux confins de l’Afrique, du Pacifique à l’Océan Indien, nous ne comptons plus les zones de tensions.

La nature ayant horreur du vide, la fin progressive de l’hégémonie américaine bouscule les appétits des vieux empires, qu’ils soient russes, chinois ou turcs.

Dans ce contexte géopolitique, la France, puissance militaire nucléaire, membre permanent du conseil de sécurité des Nations Unies, doit redevenir une puissance d’équilibre, assumer sa vocation universelle et faire entendre sa voix.

Mais la France doit surtout retrouver la voie de la défense de ses intérêts partout où elle est impliquée.

En Afrique et au Levant, un arc de crise djihadiste perdure depuis des années et fait peser sur nos frontières une terrible menace migratoire. Au Mali, nous nous sommes enlisés dans une guerre sans fin et sans buts précis.

Au lieu de nous préparer à une opération limitée et efficace pour mettre un coup d’arrêt aux djihadistes comme l’opération Serval, nous nous sommes embourbés dans un conflit tribal qui ne nous concerne pas. Et désormais, les États que nous sommes venus aider ne nous respectent pas, et pire, ils nous insultent en continuant à ne pas reprendre leur clandestins.

Dans cette affaire, où sont les intérêts de la France ?

En Asie-Pacifique, la souveraineté de notre domaine maritime et la liberté de navigation sont menacées, notamment en mer de Chine méridionale. La France doit trouver sa place dans cette zone et se préparer à défendre bec et ongles ses intérêts. Car je suis convaincu que face à l’expansionnisme chinois et la montée des tensions sino-américaines, la France doit conserver sa voix singulière.

En Europe, nous lutterons contre toute instrumentalisation américaine de la situation en Ukraine. Je veux une relation normalisée et apaisée avec la Russie, sans complaisance ni provocation inutile. Pour moi les choses sont claires : l’extension de l’OTAN aux portes de la Russie n’a aucune justification pour la sécurité de l’Europe et j’y suis résolument hostile. Les Russes ne sont ni nos alliés ni nos ennemis.

Bien sûr, le recul de l’hégémonie américaine nous ramène dans un monde où les rapports de force entre États ont repris le dessus :  ni le multilatéralisme donneur de leçons ni le fédéralisme européen n’ont apporté les bonnes réponses aux désordres du monde et n’ont permis d’assurer la protection des intérêts des Français et leur sécurité.

Dans ce monde plus incertain, plus dangereux et plus instable, nos armées doivent être à la hauteur pour protéger la France et les Français. Nos armées sont encore respectées et crédibles aux yeux du monde car elles combattent et n’hésitent pas à aller au contact, mais la situation est plus fragile qu’il n’y paraît.

Je voudrais ici saluer le courage de nos soldats et de leurs chefs dans l’accomplissement de leurs missions. J’ai pu personnellement me rendre compte de leur enthousiasme et de leur qualité en les visitant à Noël sur leur base à Abidjan.

Je sais le sacrifice consenti par chacun d’entre vous au quotidien, les difficultés auxquelles sont confrontées vos familles et toute l’énergie que mettent vos unités pour vous soutenir. Je m’incline avec respect devant tous les soldats tombés au champ d’honneur et je salue aussi la bravoure de tous ceux qui sont blessés dans leur chair ou leur âme du fait des engagements en opération pour préserver notre patrie.

Nous avons une armée magnifique du fait des hommes et des femmes qui la composent, mais nous devons leur donner des moyens à la hauteur de nos ambitions.

Certes, le budget de la Défense représente 14% du budget de l’État, ce qui en fait le deuxième budget après l’éducation nationale. L’objectif de 2% du PIB consacré à la défense a même été rempli de justesse en 2020, mais ne soyons pas dupes : ce pourcentage a été miraculeusement atteint à cause de la diminution du PIB du fait de la crise sanitaire, beaucoup plus qu’à un effort substantiel au profit de nos armées. Et je fais le pari que si nous maintenons les tendances actuelles, nous retomberons en-dessous des 2% très rapidement. Par ailleurs, nous sommes bien en-deçà du niveau des budgets de défense britannique et allemand, alors que nous avons une politique bien plus ambitieuse et un outil nucléaire indépendant.

Par manque d’investissement et par incohérence, notre armée reste sous-dimensionnée et pas assez équipée. Les dégâts infligés par les coupes budgétaires sauvages au cours des 40 dernières années, de la droite comme de la gauche, sont immenses et ont créé un paradoxe stratégique monumental : un monde toujours plus dangereux, mais un modèle d’armée toujours plus fragile.

Notre armée est échantillonnaire, avec à peine 100 canons, lacunaire et taillée au plus juste comme un corps expéditionnaire : elle ne dispose pas suffisamment de profondeur stratégique pour durer dans un conflit majeur. Elle ne pourrait supporter l’attrition inhérente à ce type de conflit. Je vous donne un exemple, un seul : à l’heure actuelle, la France serait incapable de mener une opération semblable à la guerre des Malouines, conduite avec succès par le Royaume-Uni face à l’Argentine en 1982.

En effet, notre armée ne dispose pas de la masse nécessaire pour durer dans un conflit de haute intensité, tant sur le plan humain que sur le plan matériel. Enfin, le manque de ressources financières et humaines réduit considérablement le niveau de disponibilité des matériels en service.

Dans l’armée de Terre, nous n’avons pas la masse suffisante en effectifs, en nombre de chars et de canons, mais aussi en véhicules de transport ; son équipement est en grande partie dépendant de l’étranger, notamment pour son armement et ses équipements individuels.

Dans l’armée de l’Air, le manque de moyen est inquiétant : le nombre d’avions de chasse et de drones est insuffisant, et le manque d’avions de transport stratégique et d’hélicoptères lourds est criant. J’en veux pour exemple notre intervention au Sahel, où la France dépend des hélicoptères américains ou alliés.

Dans la Marine Nationale, le format cible avec 15 frégates et une permanence à la mer aléatoire du groupe aéronaval ne permet pas de remplir les missions qui lui sont assignées.

De plus, comme vous le savez, nous sommes très dépendants des Américains sur le renseignement et la logistique. Les moyens de renseignement stratégiques et tactiques sont en effet très insuffisants pour disposer d’une pleine et entière capacité d’appréciation autonome de situation. Il paraît évidemment impossible de se passer définitivement et rapidement de l’appui américain dans cette recherche d’informations, mais toutes les solutions doivent être envisagées pour retrouver au plus vite un maximum de souveraineté et d’indépendance dans ce domaine ô combien stratégique.

Enfin, nos 3 armées souffrent aussi de fragilités en termes de stocks de munitions, qui ne nous permettraient pas de durer dans l’hypothèse d’un engagement majeur.

En clair, nous ne pourrions tenir que quelques jours dans un conflit qu’on appelle de « haute intensité », c’est-à-dire un conflit conventionnel entre Etats, ne serait-ce uniquement pour une simple affaire de munitions.

Le modèle d’armée doit donc être recapitalisé au plus vite : densifié sur le plan humain, rééquipé sur le plan matériel, réorienté, comme le dit avec raison le chef d’état-major des armées, vers le combat de haute intensité.

Ce n’est qu’à la condition de disposer d’une armée bien équipée et aguerrie que nous pouvons protéger nos intérêts, être écoutés et peser sur les grands équilibres mondiaux. Je veux donc rebâtir des forces armées qui soient dignes du rang de la France.

La nouvelle posture de défense que je propose sera au service de la défense des intérêts de la France et des Français. Pour cela, la France doit retrouver sa voix singulière et indépendante. Cela veut dire prendre nos distances avec l’OTAN et cesser l’intégration européenne en matière de défense.

Je retirerai donc la France du commandement militaire intégré de l’OTAN. C’est un acte politique, qui nous permettra de montrer que la France redevient une puissance d’équilibre, capable de parler avec qui elle le souhaite et de manière crédible.

La France recouvre sa pleine indépendance au plan militaire, mais ne rompt pas sa coopération avec les Etats-Unis, qui resteront des alliés proches. Mais alliés ne veut pas dire alignés. Il faudra refonder notre coopération avec les Etats-Unis.

Avec le Royaume-Uni, il faudra prendre acte de nos divergences : nos diplomaties regardent dans des directions différentes et nos intérêts ne sont pas alignés. Nous réévaluerons nos accords de défense, tout en poursuivant des coopérations au plan capacitaire en révisant les accords de Lancaster House.

Avec l’Allemagne, nous devons rééquilibrer notre coopération dans le domaine de la défense : il faudra notamment revoir entièrement notre engagement dans les grands programmes d’armement européens, tels que SCAF et MGCS - les fameux avion, char et canon du futur - au vu de la clarification attendue de la partie allemande et du respect des intérêts de notre industrie de défense comme de nos besoins opérationnels réels, sans exclure l’arrêt de ces programmes majeurs.

La France ne sera pas isolée : nous renforcerons les partenariats stratégiques existants, comme avec la Grèce, l’Inde, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis ou le Brésil, tout en construisant de nouvelles alliances avec les pays qui partagent notre vision du monde et des menaces.

La France ne se sera ni repliée sur elle-même, ni isolée. Au contraire. Je veux que la France regarde au-delà de l’Union européenne dans laquelle Emmanuel Macron entend la confiner. La France est une puissance européenne, mais aussi et surtout - par son histoire, sa géographie, sa langue, son armée - une puissance à vocation mondiale. En vérité, c’est ma conviction, l’Europe est trop petite pour la France.

Il nous faut d’abord regarder vers l’Afrique. C’est une priorité militaire et diplomatique : je veux que la France redevienne une puissance capable de défendre rapidement et efficacement ses alliés et ses intérêts sur le continent africain dans le cadre d’une nouvelle politique africaine de la France.

Pour cela, nous allons entièrement revoir notre dispositif et notre stratégie au Sahel et sur tout le continent, en fonction d’objectifs militaires clairs et surtout en renforçant nos bases interarmées de réaction rapide déployées dans la zone, afin de maintenir une capacité de projection. C’est cette capacité de projection qui est notre force, et je compte bien la développer.

Au Sahel, nous avons réduit la capacité d’action globale des forces terroristes. Je veux que les pays concernés prennent désormais en charge leur propre défense. L’armée française n’a pas vocation à défendre indéfiniment ces nations africaines.

Et au Mali, je veux que nous nous tenions à l’écart de cette situation inextricable, sous peine d’être accusés d’en être l’origine. Évidemment, nous continuerons d’exercer une pression sur l’ennemi djihadiste, mais seulement par des d’opérations coup de poing ponctuelles. Nous mènerons donc une guerre de corsaires afin de contenir les djihadistes dans l’arc de crise sahélien, en nous réservant le droit d’intervenir sur le modèle et les conditions de l’opération Serval : des opérations brèves, avec des objectifs précis et atteignables.

Nous renforcerons notre déploiement sur nos bases à l’étranger et dans l’Outre-mer afin de disposer dans chaque zone d’une capacité immédiate de réaction. C’est pourquoi, nous doublerons d’ici 2027 les forces stationnées sur nos 5 bases de présence au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon, à Djibouti, et aux Emirats arabes unis. Et je proposerai au Tchad l’ouverture d’une nouvelle base permanente dans le cadre d’un nouvel accord de coopération. De même, nous doublerons nos forces sur les 5 bases de souveraineté outre-mer aux Antilles, en Guyane, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, et dans la Polynésie française.

Car il faut que la France assume sa place de puissance maritime, pour protéger ses outre-mer et son domaine maritime, aujourd’hui confrontés à des puissances prédatrices. Concrètement, nous renforcerons les moyens de surveillance et d’intervention de l’Action de l’Etat en Mer afin de protéger nos littoraux ultramarins, métropolitains et notre zone économique exclusive. Les Français de l’outre mer méritent d’être protégés au même niveau que ceux de métropole.

Enfin, nous devons préserver et moderniser notre dissuasion nucléaire indépendante, qui est le socle de notre défense. Celle-ci protège notre territoire, notre population, nos intérêts vitaux. Notre dissuasion nucléaire est le fruit d’une volonté politique, constante et déterminée, à travers tous les gouvernements depuis la création du Commissariat à l’Energie Atomique en 1945.

La France a donc besoin d’une armée modernisée, renforcée et revalorisée. J’entends lui donner les moyens dont elle a besoin pour disposer d’un modèle d’armée complet et faire en sorte que nos militaires se sentent à nouveau respectés et reconnus.

Dès l’élection présidentielle, je lancerai une nouvelle revue stratégique en vue de préparer le vote fin 2022 d’une nouvelle loi de programmation militaire (LPM) 2023-2030.

Cette revue stratégique n’est pas qu’un exercice intellectuel. Elle posera les bases et les orientations d’un budget de la défense qui devra atteindre 70 milliards d’euros par an d’ici à 2030, afin de moderniser nos forces nucléaires et conventionnelles et d’augmenter la capacité d’intervention de chacune de nos armées.

Il faudra en effet doter nos armées de nouvelles capacités :

  • Pour l’armée de Terre : porter la force opérationnelle terrestre à 100 000 hommes d’ici 2027 et augmenter sa puissance de feu (chars, blindés multi-rôles, canons), notamment pour les combats de haute intensité.
  • Pour l’armée de l’Air : disposer de 300 avions de chasse afin d’avoir une capacité de projection permanente d’ici 2040, et se doter d’une flotte d’hélicoptères de transport lourd et d’avions de transport gros porteur.
  • Pour la Marine enfin : posséder à terme deux porte-avions, vingt frégates, et huit sous-marins nucléaires d’attaque, contre 6 actuellement.

Mais ces capacités ne signifient rien si nous perdons notre autonomie d’intervention. C’est pourquoi je veux doter nos armées de moyens de surveillance et d’intervention dans l’espace : optique, laser, planeur hypersonique, afin de maîtriser les conflits complexes qui nous attendent et de préserver notre capacité à entrer en premier sur un théâtre d’opérations.

Et évidemment, c’est devenu inévitable, la cyberdéfense bénéficiera aussi d’une attention particulière étant donné la place croissante du numérique dans les conflits qui nous attendent. Nous créerons donc une filière militaire spécifique en recrutant massivement des spécialistes civils.

En résumé, nous donnerons donc à nos armées les moyens de défendre les Français.

Mais je n’oublie pas l’impérieuse nécessité d’améliorer les conditions de vie des hommes et des femmes qui risquent leur vie pour notre pays.

C’est pourquoi, nous ferons un effort important pour améliorer la condition militaire. Au 1er janvier 2023, nous augmenterons les soldes des militaires de 20% pour tous les militaires d’active et de réserve, conformément aux recommandations du Haut Comité pour la Condition Militaire qui a montré le décrochage des militaires par rapport au reste de la fonction publique, notamment du fait de leurs sujétions spécifiques. Nous améliorerons aussi les conditions de vie de nos militaires et de leurs familles, en particulier leurs conditions de logement et d’hébergement. Et nous nous attacherons à protéger la singularité militaire dans les statuts.

Nous porterons une attention particulière au monde combattant qui sont de véritables acteurs du lien Armées-Nation ; celui-ci devra être plus associé à la vie de l’institution militaire dont il est issu et à laquelle il reste attaché, en lien avec toutes les actions en direction de la jeunesse.

Et dans le même esprit, je veux que l’État se souvienne qu’il a des devoirs à l’égard des anciens combattants.

Un devoir de réparations  d’abord. Une réflexion sera immédiatement engagée pour proposer une revalorisation de la pension militaire d’invalidité (PMI) pour exprimer justement l’immense reconnaissance de la Nation.

Un devoir de reconnaissance du combattant par sa carte de combattant, ses titres de reconnaissance et ses décorations.

Et enfin, un devoir de respect de la mémoire des combattants en évitant une multitude de commémorations qui dénaturent l’événement et en cessant de réclamer repentance à chaque fois que l’honneur de l’Armée française est bafoué.

La mise en œuvre de ce vaste plan de modernisation et de revalorisation de nos armées passe par le renforcement de notre industrie de défense. Nous ne pouvons pas avoir d’armée indépendante sans une industrie de défense indépendante.

La France ne doit pas sacrifier son industrie de défense, la première en Europe, pour la chimère d’un couple franco-allemand moteur d’une défense européenne dont l’Allemagne ne veut pas.

Je sais que les industriels partagent mon constat : la base industrielle et technologique de défense européenne, comme la souveraineté européenne, est un fantasme irréaliste et dangereux.

Nos entreprises françaises du secteur de la défense sont parmi les meilleures au monde et n’ont pas besoin de se faire voler leurs trésors de savoir-faire par nos partenaires européens, au nom de vagues chimères politiques.

Néanmoins, il faut voir la réalité en face : cette excellence est désormais menacée. Je déplore l’abandon de certaines technologies, sacrifiées par des décennies de sous-investissement et de renoncement politique en matière de défense, condamnant des pans entiers de notre industrie, notamment dans le domaine des munitions.

Je ne peux par exemple me résoudre au démantèlement de notre filière de l’armement de petit calibre, qui conduit nos soldats à combattre avec un fusil d’assaut allemand en remplacement du légendaire FAMAS. Avec moi, notre industrie de défense sera indépendante et puissante.

Je renégocierai les grands programmes européens d’armement auxquels nous prenons part, afin de respecter les intérêts de nos industriels et les besoins opérationnels de nos forces, sans exclure de les arrêter. Pour l’heure, ces programmes sont déséquilibrés et ne bénéficient aucunement à nos intérêts.

Ce n’est plus l’heure de disperser nos efforts ou de nous laisser spolier alors que nous avons la meilleure industrie d’armement en Europe. Ce sont nos emplois et notre indépendance nationale qui sont en jeu.

Il nous faudra lancer un nouveau grand programme d’armement pour renforcer notre capacité offensive dans les airs. Je propose un projet de drone de combat furtif et de missile hypersonique, afin de rester au niveau des grandes puissances, renforcer notre dissuasion et préserver notre capacité à entrer en premier sur un théâtre d’opération.

Notre filière d’armement, des systèmes les plus complexes aux armes de petit calibre, doit être renforcée. Pour cela, nous allons investir dans nos entreprises de défense en augmentant le volume de la commande publique, le soutien aux exportations et les moyens de l’innovation de défense.  

Pour cela je renforcerai le rôle et les moyens du ministre des Armées dans la conduite de la politique industrielle et technologique de défense, en le renommant “Ministère des Armées et de l’Industrie de Défense”.

Il pourra s’appuyer sur l’Agence des Participations de l’Etat, transformée en véritable fonds souverain, et dotée de moyens nouveaux, pour consolider nos grands groupes de défense et protéger nos entreprises stratégiques plus petites des rachats étrangers.

Mon plan est donc simple : je soutiendrai notre défense nationale en renforçant notre autonomie stratégique, en augmentant nos capacités d’action et en revalorisant le statut militaire de nos soldats.

Cette ambition nouvelle pour notre défense permettra à nos armées de remplir la première mission qui est la leur, et la plus noble qui soit : protéger les Français.

Je serai le chef des armées qui protège les Français et portera une attention particulière à ses soldats :

Face aux Etats-puissances qui réarment : je réarmerai la France en la dotant d’une armée crédible, avec davantage d’effectifs et de moyens, pour faire face à tout type de conflits, pour garantir sa souveraineté et pour protéger les intérêts français.

Face à la menace djihadiste : je doterai notre pays d’une armée recentrée sur la protection du territoire national, sur des opérations extérieures rationalisées, et sur une capacité de projection calibrée pour des opérations limitées dans le temps contre les djihadistes.

Et face au déclassement et à la mise sous tutelle étrangère : je protégerai l’industrie de défense française, en garantissant son indépendance et sa souveraineté.

Face aux désordres du monde, le moment est donc venu non pas de la dilution de notre puissance dans l’Union européenne, comme le voudrait Emmanuel Macron. Le moment est venu de l’affirmation de notre puissance indépendante comme puissance d’équilibre. Car dans le monde qui vient, ce sont les nations qui s’affirment qui survivront et prospéreront.

Je vous remercie.

Éric Zemmour