À nos soldats, nous disons merci !

À nos soldats, nous disons merci !
Au porte-parole du ministère, nous répondons.

Hier, Éric Zemmour s’est rendu à Abidjan pour rendre visite à nos soldats et rendre hommage à notre Armée. Nous tenons avant tout à remercier les militaires qui l’ont accueilli et qui font honneur à leur institution par leur amour de la France, leur dévouement et leur bravoure.

Ce magnifique déplacement, qui a fait l’objet de tant de commentaires positifs et qui a ému de nombreux soldats - car Éric Zemmour est le seul candidat à avoir rendu hommage à notre armée à la veille de Noël - n’a bien entendu pas plu au gouvernement. Il fallait s’y attendre, mais nous ne nous attendions pas, en revanche, à ce qu’il aille si loin dans l’invention d’une polémique artificielle par réflexe politicien : le temps d’une journée, le porte-parolat du Ministère des Armées s’est étonnement transformé en antenne d’En Marche pour servir le Président.

Revenons aux faits. Avant de se rendre sur la base logistique de l’opération Barkhane, toutes les demandes ont été faites à l’état-major. Nul n’est besoin de préciser que notre équipe de campagne connait particulièrement bien l’armée française. Ces demandes nous ont été accordées, car tous les candidats ont le droit de visiter les forces armées. Jusqu’à la veille du déplacement, nos interlocuteurs militaires nous écrivaient encore que le candidat pouvait « bien sûr assurer une couverture photo du déplacement », à la seule condition de ne pas montrer les visages des légionnaires, pour protéger leur anonymat – cette condition prouvait encore que nos interlocuteurs savaient bel et bien que les photos prises avaient vocation à être publiées. La deuxième condition était de ne pas venir accompagnés de la presse : nous avons scrupuleusement respecté ces deux conditions.

Pourquoi le porte-parolat du ministère a-t-il changé d’avis le jour même de l’arrivée d’Éric Zemmour à Abidjan ? Est-ce parce que l’Élysée a découvert trop tard cette visite et a demandé des comptes à sa ministre ? Nul ne sait, même si certains journalistes l’affirment. Ce dont nous sommes sûrs, c’est de la fébrilité du ministère ce jour-là, dont le cabinet est allé jusqu’à téléphoner personnellement à des journalistes qui avaient eu le malheur de couvrir le déplacement de façon impartiale. Donnons un exemple parmi d’autres de leurs basses manœuvres auprès d’un journaliste : « Cette base, ce n’est pas vraiment Barkhane, ça nous arrangerait que vous modifiiez votre tweet ». Nos soldats apprécieront

la minimisation de leur rôle de soutien à notre OPEX. Une fébrilité qui est allée, en fin de journée, jusqu’à la publication d’un « fil » twitter, par le porte-parole du ministère des Armées en personne.

Ses tweets avancent qu’Éric Zemmour aurait violé l’« engagement moral » de ne pas prendre de photos, engagement qu’il aurait pris dès le départ avec le Ministère des Armées : comme nous l’avons vu, c’est faux. Plus mensonger encore, le ministère fait passer ce soi-disant engagement pour une règle établie et légitime visant à préserver la neutralité de l’institution militaire. Or, cette règle n’est ni établie, ni légitime.

Que cette règle ne soit pas établie, il est facile de s’en convaincre en retrouvant les images d’autres candidats en campagne ayant rendu visite aux forces armées sous l’œil des caméras par le passé. Par exemple, en décembre 2016, François Fillon avait rendu une grande visite aux soldats français au Mali et au Niger accompagné d’un journaliste de Paris Match. Il avait publié des dizaines de photos sans que les visages de militaires ne soient floutés, mais le ministère de la Défense ne s’était pas senti obligé de se fendre d’un communiqué à l’époque... Plus récemment, Jean-Luc Mélenchon a rendu visite à des soldats français en Guyane et a publié des photos sans provoquer la même réaction publique du cabinet de Florence Parly.

Qu’une telle règle ne serait pas légitime fait encore moins de doute. Il est parfaitement normal que des candidats en campagne puissent se rendre auprès des forces armées et rendre publique leur visite pour tous les Français. C’est même l’inverse qui serait choquant dans une démocratie, car, en pratique, cela voudrait dire que seul le président en fonction pourrait afficher son soutien à nos soldats. Il semble d’ailleurs clair que cette prétendue règle, dont M. le porte-parole nous assure qu’elle a pour but d’éviter « toute instrumentalisation politique », n’est en réalité rien d’autre que cela: une instrumentalisation politique visant à utiliser les moyens de l’État pour avantager le président en campagne. Nous demandons que l’égalité républicaine soit assurée entre les candidats, y compris le Président de la République.

Au-delà de cette polémique stérile, nous souhaitons à nos soldats un joyeux Noël. Merci pour hier, merci pour ce que vous faites tous les jours.